Kawai KDP120 : notre avis sur ce piano numérique meuble
Piano numérique meuble d'entrée de gamme, le Kawai KDP120 mise sur l'essentiel : un toucher lesté, un son de piano de concert et trois pédales. Notre avis, établi sur fiche technique et retours d'utilisateurs.
Dans la gamme Kawai, la série KDP occupe l’entrée de gamme des pianos numériques meubles. Le KDP120, successeur du KDP110, en était le représentant le plus récent avant l’arrivée du CX202, que le site international de la marque présente désormais comme son remplaçant. Il reste très présent chez les revendeurs et sur le marché de l’occasion, d’où l’intérêt d’en faire le point. Précisons d’emblée la méthode : cet avis repose sur la fiche technique officielle de Kawai et sur les retours d’utilisateurs et de revendeurs, pas sur un essai réalisé par la rédaction.
À qui s’adresse le Kawai KDP120
Le KDP120 vise un public clair : élèves débutants ou intermédiaires, familles qui veulent un instrument d’étude, adultes qui reprennent le piano. Son format meuble, avec pédalier intégré et pupitre, l’installe à demeure dans un salon ou une chambre, à la manière d’un petit piano droit.
Il ne cherche pas à séduire par la quantité de sons ou de fonctions. Il ne propose ni écran, ni rythmes d’accompagnement, ni enceinte Bluetooth. Son argument tient en trois points : un toucher lesté sur 88 touches, un son de piano issu d’un grand piano de concert et un pédalier complet. C’est précisément ce que recherchent les professeurs pour un instrument d’étude.
À l’inverse, il n’est pas pensé pour ceux qui veulent un clavier transportable, ni pour les musiciens qui privilégient la variété des sonorités ou la production musicale.
Mécanique et toucher
Responsive Hammer Compact II
Le KDP120 utilise la mécanique Responsive Hammer Compact II (RHC II) de Kawai : 88 touches à marteaux, avec une pondération progressive (plus lourde dans le grave, plus légère dans l’aigu) et des touches à surface mate. La détection repose sur trois capteurs par touche, ce qui améliore la prise en compte des notes répétées rapidement.
Selon plusieurs revendeurs spécialisés, la version de la mécanique montée sur le KDP120 bénéficie d’un amortissement revu par rapport au KDP110, pour réduire le bruit mécanique au relâchement des touches. Kawai ne détaille pas ce point dans sa fiche technique.
Ce qu’en disent les utilisateurs
Les retours convergent sur un toucher jugé ferme et régulier pour la catégorie, avec une bonne maîtrise des nuances. Comme sur la plupart des pianos numériques d’entrée de gamme, les touches pivotent sur une longueur plus courte que sur un piano à queue : jouer près du fond des touches demande un peu plus d’effort. C’est une limite commune au segment, pas une particularité du modèle.
Si vous souhaitez comparer ce toucher avec celui d’un piano acoustique, notre dossier sur le fonctionnement du piano explique ce que les mécaniques numériques cherchent à imiter.
Son, polyphonie et haut-parleurs
Harmonic Imaging et piano SK-EX
Le moteur sonore s’appuie sur la technologie Harmonic Imaging de Kawai, avec un échantillonnage stéréo des 88 touches. La source est le Shigeru Kawai SK-EX, le piano à queue de concert haut de gamme de la marque. La fiche technique mentionne aussi une simulation de résonance des étouffoirs, qui recrée l’enrichissement du son lorsque la pédale de sustain est enfoncée.
L’instrument propose 15 sonorités : quatre pianos (Concert Grand, Mellow Grand, Studio Grand, Modern Piano) et onze autres instruments, dont pianos électriques, orgues, clavecin, vibraphone, cordes et chœurs. Six types de réverbération complètent l’ensemble. C’est peu face à certains concurrents, mais suffisant pour un instrument d’étude, et les sons de piano sont l’essentiel.
192 notes de polyphonie
La polyphonie maximale atteint 192 notes. Pour le répertoire courant, même avec la pédale de sustain et la superposition de deux sons, c’est une valeur confortable dans cette gamme de prix.
Réglages : le Virtual Technician
Kawai intègre son Virtual Technician, qui permet de régler une série de paramètres (courbe de toucher, harmonisation, résonance des étouffoirs, entre autres). La fiche technique en annonce 13, accessibles via l’application PianoRemote, faute d’écran sur l’instrument. Un mode simplifié, Smart Mode, propose 10 préréglages.
Amplification
Le KDP120 dispose d’un amplificateur de 2 × 20 W et de deux haut-parleurs de 12 cm. Cette puissance est plutôt généreuse pour la catégorie : de nombreux concurrents directs se contentent de 2 × 8 W. Elle suffit largement pour une pièce de vie. Les retours d’utilisateurs notent toutefois que le grave reste moins ample que sur des modèles plus haut de gamme, dotés de systèmes de diffusion plus élaborés, ce qui est logique à ce niveau de gamme.
Connectique, Bluetooth et applications
Prises
La connectique est réduite à l’essentiel : deux prises casque (une en 6,35 mm, une en 3,5 mm) et un port USB vers l’hôte, qui permet de relier le piano à un ordinateur ou une tablette pour échanger des données MIDI. Il n’y a pas de sortie ligne dédiée ni de lecteur de clé USB. Pour enregistrer le piano sur ordinateur, on passera par le MIDI ; si vous voulez aller plus loin, notre guide de la carte son pour débuter présente les bases d’un poste d’enregistrement.
Bluetooth MIDI uniquement
Le Bluetooth (version 4.1, conforme à la norme Bluetooth Low Energy MIDI) permet de connecter le piano sans fil à une tablette ou un smartphone. Il ne transmet que des données MIDI : impossible de diffuser de la musique depuis son téléphone dans les haut-parleurs du piano, une fonction que proposent certains concurrents.
Applications
Le KDP120 est compatible avec deux applications Kawai pour iOS et Android :
- PianoRemote, qui sert de télécommande et donne accès aux réglages du Virtual Technician ;
- PiaBookPlayer, qui affiche des partitions sur tablette.
Il fonctionne aussi avec les nombreuses applications d’apprentissage tierces compatibles avec le MIDI.
Fonctions d’apprentissage
Le piano intègre un enregistreur simple (trois morceaux, environ 10 000 notes), les morceaux de démonstration Concert Magic (40 titres jouables par simple rythme sur n’importe quelle touche) et une fonction de leçon basée sur des méthodes classiques : Burgmüller (25 études), Czerny (30 études), Beyer (106), ainsi que les niveaux 1A et 1B de la méthode Alfred’s Basic Piano Library. Les élèves qui progressent en parallèle sur la lecture trouveront un complément dans notre guide pour apprendre le solfège seul.
Pédalier, dimensions et finitions
Le pédalier Grand Feel Pedal System comprend trois pédales : forte (avec prise en charge de la demi-pédale), douce et tonale (sostenuto). La demi-pédale est un vrai atout pour l’étude du répertoire classique ; notre guide de la pédale de sustain explique comment l’exploiter.
L’instrument mesure 136 cm de large, 40,5 cm de profondeur et 85,5 cm de haut (pupitre rabattu), pour un poids de 37 kg. Il existe en trois finitions : Premium Rosewood (palissandre), Premium Satin Black (noir satiné) et Premium Satin White (blanc satiné).
Caractéristiques principales
| Caractéristique | Kawai KDP120 |
|---|---|
| Clavier | 88 touches, mécanique Responsive Hammer Compact II, 3 capteurs |
| Source sonore | Harmonic Imaging, échantillonnage stéréo 88 touches (Shigeru Kawai SK-EX) |
| Polyphonie | 192 notes maximum |
| Sonorités | 15 (dont 4 pianos), 6 types de réverbération |
| Amplification | 2 × 20 W |
| Haut-parleurs | 2 × 12 cm |
| Pédales | Forte (demi-pédale), douce, tonale |
| Connectique | 2 prises casque (6,35 mm et 3,5 mm), USB vers hôte |
| Bluetooth | Version 4.1, MIDI uniquement (BLE MIDI) |
| Applications | PianoRemote, PiaBookPlayer (iOS, Android) |
| Enregistreur | 3 morceaux, environ 10 000 notes |
| Écran | Aucun |
| Dimensions | 136 × 40,5 × 85,5 cm (pupitre rabattu) |
| Poids | 37 kg |
| Finitions | Palissandre, noir satiné, blanc satiné |
Source : fiche technique officielle Kawai (kawai-global.com).
Comparaisons
Face au KDP110
Le KDP120 reprend l’essentiel de son prédécesseur. D’après les fiches officielles des deux modèles, ils partagent la mécanique RHC II à trois capteurs, le son Harmonic Imaging issu du SK-EX, la polyphonie de 192 notes, les 15 sonorités, l’amplification de 2 × 20 W, le Bluetooth MIDI 4.1, le pédalier à demi-pédale et les fonctions de leçon.
Les différences sont modestes : le KDP120 pèse 37 kg contre 39 kg, gagne une finition blanche (le KDP110 n’existait qu’en palissandre et en noir) et prend en charge les applications PianoRemote et PiaBookPlayer. S’y ajoute l’amortissement révisé de la mécanique signalé par les revendeurs. Pour un acheteur d’occasion, un KDP110 en bon état reste donc une alternative cohérente.
Face à ses concurrents
Dans le même segment des pianos numériques meubles d’entrée de gamme, deux modèles reviennent souvent dans les comparatifs :
- Yamaha Arius YDP-145 : mécanique GHS, son issu du piano de concert Yamaha CFX, 192 notes de polyphonie, amplification de 2 × 8 W. Moins puissant sur le papier, il s’appuie sur la réputation de la gamme Arius.
- Roland RP107 : mécanique PHA-4 Standard avec simulation d’échappement, moteur SuperNATURAL Piano, 256 notes de polyphonie, 2 × 8 W, et surtout un Bluetooth qui gère à la fois le MIDI et l’audio, avec un large choix de sons accessibles via l’application Roland.
Face à eux, le KDP120 se distingue par sa puissance d’amplification et par une mécanique à trois capteurs, mais il est moins bien équipé en connectivité sans fil que le Roland. Le choix tient largement au toucher, qui reste une affaire de préférence personnelle : l’essai en magasin, quand il est possible, reste le meilleur arbitre.
Points forts et points faibles
Points forts
- Toucher lesté à trois capteurs, apprécié pour la catégorie.
- Son de piano issu du Shigeru Kawai SK-EX, avec simulation de résonance des étouffoirs.
- Amplification de 2 × 20 W, au-dessus de nombreux concurrents directs.
- Pédalier complet avec demi-pédale.
- Fonctions de leçon intégrées et applications gratuites.
Points faibles
- Pas d’écran : les réglages avancés passent essentiellement par l’application PianoRemote.
- Bluetooth limité au MIDI, sans lecture audio.
- Peu de sonorités en dehors du piano.
- Pas de sortie ligne pour relier le piano à une sonorisation ou une interface audio.
- Modèle signalé comme arrêté par Kawai, ce qui peut limiter sa disponibilité en neuf.
Notre avis
Le Kawai KDP120 coche les cases essentielles d’un piano d’étude : un toucher crédible, un bon son de piano, trois pédales et une amplification confortable. Ses limites, qu’il s’agisse de l’absence d’écran, du Bluetooth réduit au MIDI ou du nombre restreint de sonorités, pèsent peu pour un élève qui travaille avant tout le piano. Pour qui le trouve encore en neuf ou en bon état d’occasion, il reste une option sérieuse. Ceux qui tiennent au Bluetooth audio ou à davantage de sons regarderont plutôt du côté de ses concurrents, ou de son successeur annoncé, le CX202.
Questions fréquentes
Le Kawai KDP120 convient-il à un débutant ?
Oui, c'est même son public principal : toucher lesté, trois pédales et fonctions de leçon intégrées. Il accompagne aussi sans difficulté plusieurs années d'apprentissage.
Peut-on écouter de la musique en Bluetooth sur le KDP120 ?
Non. Sa connexion Bluetooth est limitée au MIDI, pour dialoguer avec des applications. Il ne fait pas office d'enceinte Bluetooth.
Quelle est la différence entre le KDP120 et le KDP110 ?
Les deux partagent la même base : mécanique RHC II, son SK-EX, 192 notes de polyphonie, 2 × 20 W. Le KDP120 est un peu plus léger, ajoute une finition blanche et prend en charge les applications PianoRemote et PiaBookPlayer.
Le KDP120 est-il encore fabriqué ?
Le site international de Kawai le classe parmi les modèles arrêtés et renvoie vers le CX202. Les disponibilités varient selon les pays et les revendeurs.
Méthodologie : sélection établie par la rédaction à partir des caractéristiques publiées par les fabricants et des retours d'utilisateurs, sans contrepartie des marques citées.